Apprends-nous à déposer notre « oui » dans le tien, nous, membres de ton Église :
en paroisses ou en communautés, retirés au désert, enfouis dans le monde ou en mission...
multiples visages qui reflètent la diversité des appels que tu déposes en nous...

Don Bosco nous dit :



  | Don BOSCO nous dit:




31 juillet 2026

Le collecteur de mots


C’était un collecteur de mots.


Il allait par les rues du village et devant chaque porte demandait des phrases, des images, des silences. Oui des silences car il pensait que les mots étaient posés dans le vase des silences. Il allait dans les jardins et caressaient les plantes et susurrait des secrets aux différentes fleurs. C’était un secret différent pour chacune.


Il était amoureux des ruisseaux et à chaque période de l’année il comparait leurs courants aux variations de la parole. Et parfois la sécheresse le faisait tantôt pleurer, tantôt rire aux éclats car il n’est rien qui demeure.


C’était un collecteur de mots, il avait de grands trésors, un peu partout dans la vaste poche de son pantalon-mémoire. Pourtant il ne gardait rien pour lui, il était follement épris du partage. Il partageait les plus précieux, les plus rares mais aussi les mots de tous les jours. Il ne parlait pas au nom des autres, non les autres parlaient par sa voix et se reconnaissaient.


C’était un collecteur des mots, un diseur de bonne aventure, un conteur de la vie dans la tristesse ou la joie. On pensait qu’il était un peu fou mais il avait sa place au sein du village.


Un soir il est monté dans une étoile et c’est pourquoi il est fréquent certaines nuits d’entendre tomber des mots du ciel. Des phrases, des fragments, des poèmes, des silences. Peu importe, il faut tendre l’oreille dans l’obscurité. Il y a toujours suffisamment d’espoir et de vertiges dans cette nuit des mots.


© Patrick Chemin (2011)
Extrait du livre « Les écrits dans l’arbre » – Editions Epingle à Nourrice


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30 juillet 2026

Être en vacances


Voici, une petite « recette » chrétienne ou simplement de bon sens :


Si être en vacances,
ce n’est pas courir toute la journée comme un dingue,
Si être en vacances,
c’est savoir regarder vivre ses enfants et jouer avec eux,
Si être en vacances,
c’est savoir réduire l’abus de télé ou de radio,
Si être en vacances,
c’est prendre un peu de distance par rapport aux soucis,
Si être en vacances,
c’est savoir regarder l’oiseau qui vole,
ou le bout de bois qui flotte le long d’un fil d’eau,
Si être en vacances,
c’est savoir prendre un livre et le lire calmement,
Si être en vacances,
c’est pouvoir être enfin soi-même,
Alors pourquoi ne pas se mettre en vacances toute l’année ?
Car c’est toute l’année qu’il faudrait ne pas courir, regarder vivre ses enfants, s’écouter entre époux, etc…


Bref, les vacances étant par définition le temps propice à la qualité de la Vie, il serait dommage de se résigner à n’être un humain que quatre semaines par an… C’est-à-dire pendant le douzième de sa Vie !


Bruno LEROY. | Voir la vidéo du jour ►   et   notre soleil du jour ►



29 juillet 2026

Apprendre à communiquer


« Simone Weil a écrit : « 𝐿𝑎 𝑝𝑙𝑒́𝑛𝑖𝑡𝑢𝑑𝑒 𝑑𝑒 𝑙’𝑎𝑚𝑜𝑢𝑟 𝑑𝑢 𝑝𝑟𝑜𝑐ℎ𝑎𝑖𝑛 𝑐’𝑒𝑠𝑡 𝑠𝑖𝑚𝑝𝑙𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑑’𝑒̂𝑡𝑟𝑒 𝑐𝑎𝑝𝑎𝑏𝑙𝑒 𝑑𝑒 𝑙𝑢𝑖 𝑑𝑒𝑚𝑎𝑛𝑑𝑒𝑟 : « 𝑄𝑢𝑒𝑙 𝑒𝑠𝑡 𝑡𝑜𝑛 𝑡𝑜𝑢𝑟𝑚𝑒𝑛𝑡 ? » On peut ajouter : et ne pas hésiter à lui avouer notre tourment à nous. Car l’amour du prochain avant tout, est échange.


L’échange est difficile entre gens qui se croient différents les uns des autres ; supérieurs ou inférieurs, le problème est le même. Si un jour le monde trouve la paix ; c’est parce que l’Homme aura appris à communiquer avec l’Homme. »


Marcelle Auclair
(extrait du livre "La joie par l'Évangile)


… un chant en ce jour où l'Évangile nous parle de "Marthe et Marie" : « À tes pieds pour Te servir »



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28 juillet 2026

Le mortier de l'Amour


Toi, qui au détour d’un voyage
Viens à passer dans nos pays, dans nos régions,
Toi qui admires la beauté de nos maisons,
Toi dont le regard est rempli de la couleur chaude de la pierre.
As-tu pensé à celui qui, du matin au soir,
Sous le soleil brûlant de l’été, ou dans le froid glacial de l’hiver,
A posé ces pierres les unes après les autres, donnant à chacune sa place ?
As-tu pensé à celui qui a taillé les angles, la clef de voûte,
Quand la passion et l’amour se confondaient
Au savoir-faire, à la précision du coup de taillant bien dosé ?
Prendre ces pierres dans la main, les tourner, les retourner
Qu’à la force les doigts y laissent un peu de leur peau,
Deviennent rouges et craquellent…
Ici, il n’y a pas de miracles.
Ces pierres-là, avant qu’elles deviennent
Du bon pain sur la table familiale, il en faut des heures de travail…
Pierre d’ici et pierre d’ailleurs,
De la Bretagne à l’Italie, du Nord et du Midi,
De l’Allemagne au Portugal… à chacune son enracinement.
Pierre jaune, blanche, rouge, noire… à chacune sa couleur.
Pierre tendre, dure, tranchante, facile à tailler… à chacune son caractère.


Comme la pierre dans les mains du maçon
Laisse-toi regarder par les yeux amoureux du Père,
Rends-toi disponible dans les mains laborieuses du Fils,
Laisse-toi façonner par le savoir-faire, l’expérience de l’Esprit.
Prends appui sur la Pierre Angulaire qui s’appelle Jésus-Christ.
Oh oui ! Cette pierre-là, surtout ne la jette pas avec les gravats.
Elle est précieuse cette pierre, solide, bonne à bâtir,
Promise depuis longtemps, très longtemps, venues de très loin,
Extraite du cœur même d’un peuple,
Façonnée par des vies d’hommes, de femmes,
De croyants, de prophètes….
Cette pierre, elle a pris toutes les couleurs du monde
En jaillissant hors du tombeau au matin de Pâques…


Alors, quel que soit ton lieu d’origine,
Quelle que soit la couleur de ta peau,
Quels que soient tes qualités et tes défauts…
Tu as ta place parmi les hommes et,
Relié à eux par le mortier de l’amour, de la solidarité,
Tu peux construire un monde beau, solide.
Alors je ne te dis pas l’allure qu’il peut avoir ce monde…


Un prêtre ouvrier



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27 juillet 2026

L'agriculture spirituelle

𝐋’𝐚𝐠𝐫𝐢𝐜𝐮𝐥𝐭𝐮𝐫𝐞 𝐬𝐩𝐢𝐫𝐢𝐭𝐮𝐞𝐥𝐥𝐞 : 𝐒𝐞𝐦𝐞𝐫 𝐮𝐧𝐞 𝐢𝐧𝐭𝐞𝐧𝐭𝐢𝐨𝐧, 𝐫𝐞́𝐜𝐨𝐥𝐭𝐞𝐫 𝐮𝐧𝐞 𝐫𝐞́𝐚𝐥𝐢𝐬𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧.


Observez comment travaille un agriculteur. Il sélectionne soigneusement les grains de blé qu’il veut voir pousser. Il les enfouit ensuite dans une terre propice. Puis, il laisse la nature faire la plus grande part du travail: ce sont le soleil, la pluie et la richesse minérale du sol qui fournissent à cette céréale tout ce dont elle a besoin pour germer, croître et donner ses grains. Au besoin, l’agriculteur les arrose, mais il ne les déterre pas tous les quatre matins pour vérifier si elles germent ou non. Et un beau jour, une belle récolte l’attend dans les champs.


Sans en avoir conscience, nous pratiquons l’équivalent intérieur de ce processus, avec plus ou moins de rigueur et de succès. Cependant, on peut aussi le faire délibérément, plus méthodiquement.


On pourrait qualifier cela d’« agriculture spirituelle »: semer une intention, récolter une réalisation. Pour commencer, sélectionnez l’idéal à atteindre ou le projet à réaliser. C’est là votre « graine »: elle contient en elle, à l’état virtuel, tout ce que vous voulez voir se développer et se concrétiser dans le jardin de votre vie. Ensuite, semez-la dans ce que l’on appelle le « champ de tous les possibles », en ayant recours à la concentration, la prière ou la méditation. Imaginez que vous confiiez mentalement votre graine à l’Univers, avec les ressources infinies dont il dispose. Par résonance, elle va attirer à elle tous les éléments nécessaires à sa réalisation.


« Arrosez » votre graine matin et soir, nourrissez-la quelques instants de votre amour et votre désir. Gardez-vous du doute qui la dessécherait et ne vous demandez pas comment elle va se réaliser: laissez faire l’Univers et ayez confiance. Vous serez étonné du résultat... comme le furent les tout premiers agriculteurs de jadis. Rappelez-vous que chaque graine possède son rythme propre et que l’Univers a aussi ses saisons: mais tout ce qui est semé germera un jour !


Olivier Clerc
« Graines de sens - 52 métaphores pour cultiver son jardin intérieur » (extrait) - Éditions de la Martinère



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26 juillet 2026

La gratuité


Nous avons pris l'habitude, Seigneur, de nous dévouer sans cesse.
Nous sommes les Saint-Bernard de ceux que nous côtoyons.
Nous savons les paroles qu'il faut prononcer,
Les sourires qu'il faut offrir, les gestes qu'il faut faire.
Nous sommes de bons serviteurs,
Nous ne serons jamais des "serviteurs inutiles".


Mais, sans nous en rendre compte, à cause de nous,
Les autres demeurent des "petits"
Pendant que nous restons "grands".
Ils demeurent indigents,
Pendant que nous sommes riches.
Et nous serions perdus s'ils n'avaient plus besoin de nous.


Seigneur, aide-nous à moins nous dévouer,
Mais non pas moins aimer.
Aide-nous à faire grandir les autres
Tandis que nous diminuerons,
À moins leur donner, mais à leur demander plus.
À les rendre sauveurs au lieu de les sauver.
Alors nous serons, non des bienfaiteurs, non des pères,
Mais des Frères pour nos Frères.


Père Michel Quoist



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