Don Bosco nous dit :



  | Don BOSCO nous dit:




Apprends-nous à déposer notre « oui » dans le tien, nous, membres de ton Église :
en paroisses ou en communautés, retirés au désert, enfouis dans le monde ou en mission...
multiples visages qui reflètent la diversité des appels que tu déposes en nous...

Un même rêve, un même coeur

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25 octobre 2026

Le chrétien n’est pas fait pour l’ennui...



Le chrétien n’est pas fait pour l’ennui ; plutôt pour la patience. Il sait que, même dans la monotonie de certains jours toujours pareils, se cache un mystère de grâce. Il y a des personnes qui, par la persévérance de leur amour, deviennent comme des puits qui irriguent le désert. Rien n’arrive en vain, aucune situation dans laquelle un chrétien se trouve plongé n’est complétement réfractaire à l’amour. Aucune nuit n’est longue au point de faire oublier la joie de l’aurore. Et plus la nuit est obscure, plus l’aurore est proche. 

Si nous restons unis à Jésus, le froid des moments difficiles ne nous paralyse pas ; et même si le monde entier prêchait contre l’espérance, s’il disait que l’avenir n’apportera que de sombres nuées, le chrétien sait que, dans ce même avenir, se trouve le retour du Christ. Quand cela arrivera-t-il ? Personne ne le sait, mais la pensée qu’au terme de notre histoire il y a Jésus miséricordieux, suffit pour avoir confiance et ne pas maudire la vie. Tout sera sauvé. Tout. Nous souffrirons, il y aura des moments qui susciteront la colère et l’indignation, mais la douce et puissante mémoire du Christ chassera la tentation de penser que cette vie est une erreur.

Après avoir connu Jésus, nous ne pouvons faire autre chose que scruter l’histoire avec confiance et espérance. Jésus est comme une maison et nous sommes à l’intérieur, et des fenêtres de cette maison, nous regardons le monde. C’est pourquoi nous ne nous refermons pas sur nous-mêmes, nous ne regrettons pas avec mélancolie un passé que l’on présume doré, mais nous regardons toujours de l’avant, vers un avenir qui n’est pas seulement l’œuvre de nos mains, mais qui est tout d’abord une préoccupation constante de la providence de Dieu. Un jour, tout ce qui est opaque deviendra lumière. La résignation n’est pas une vertu chrétienne. Comme il n’est pas chrétien de hausser les épaules ou de baisser la tête devant un destin qui nous semble inéluctable.

Celui qui apporte l’espérance au monde n’est jamais une personne soumise. Jésus nous recommande de l’attendre en ne restant pas les bras croisés : Heureux ces serviteurs-là que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller. (Lc 12, 37). Il n’y a pas de constructeur de paix qui, en fin de compte, n’ait compromis sa paix personnelle, en assumant les problèmes des autres. La personne soumise n’est pas un constructeur de paix, mais elle est paresseuse, quelqu’un qui veut être tranquille. Alors que le chrétien est un constructeur de paix quand il prend des risques, quand il a le courage de prendre des risques pour apporter le bien, le bien que Jésus nous a donné, qu’Il nous a donné comme un trésor.

Chaque jour de notre vie, répétons cette invocation que les premiers disciples, dans leur langue araméenne, exprimaient par les paroles Marana tha, et que nous retrouvons dans le dernier verset de la Bible: Amen ! Viens, Seigneur Jésus ! (Ap 22, 20). C’est le refrain de chaque existence chrétienne: dans notre monde, nous n’avons besoin de rien, si ce n’est d’une caresse du Christ. Quelle grâce si, dans la prière, dans les jours difficiles de notre vie, nous entendons Sa voix qui répond et qui nous rassure : Voici, je viens sans tarder (Ap 22, 7).

Pape François,
Audience générale du 11 octobre 2017 (extrait) 

20 octobre 2026

Réveiller les étoiles

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J’ai entendu, il n’y a pas longtemps, un plâtrier siffler, mais – comment dire…? – il avait mille rossignols dans sa poitrine, il était dans une pièce vide, il enlevait un vieux papier peint, il était seul depuis des heures à cette tâche et il sifflait. Et cette image m’a réjoui et j’ai eu comme intuition que cette humeur là rinçait la vie, la lavait, comme si cette gaieté de l’artisan réveillait jusqu’à la dernière et la plus lointaine étoile dans le ciel.

Ça, vous voyez, ce sont des riens, des moins que rien, des micro-événements, des choses minuscules, mais ce sont ces événements qui fracturent la vie, qui la rouvrent, qui l’aident à respirer à nouveau. Lorsque de tels événements adviennent, croyez-moi, vous le savez. Vous le savez parce qu’une sorte de gaieté vous vient. C’est sans valeur marchande, la gaieté, sans raison, sans explication! Mais c’est comme si, tout d’un coup, la vie elle-même passait à votre fenêtre avec une couronne de lumière un peu de travers sur la tête.


Christian Bobin
- extrait d’un entretien avec Christian Bobin, revue Lire, février 2013 -



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19 octobre 2026

Le séjour de Dieu



À plus de 400 ans de distance, 
la voix de François de Sales peut-elle encore toucher nos oreilles ?

Oui, sans doute.
Car elle part de son cœur
et « on a beau dire, mais le cœur parle au cœur. »
Les Hommes d’aujourd’hui peuvent entendre son message.


À un monde en proie à la violence,
François offre le parti de la douceur évangélique
qui n’est pas de la faiblesse mais la force de l’amour.

À un monde en proie à la division,
il offre la possibilité de l’unité
en rendant les personnes capables de s’unifier
et d’être en communion les unes avec les autres.

À un monde en proie à la guerre et aux conflits,
il offre des chemins de paix,
qui passent par la confiance mutuelle,
le dialogue et la réconciliation.

Aux angoissés, il révèle le visage d’un Dieu de tendresse
et les ressources cachées au fond de tout être humain.

Au cœur des hésitants, des frileux,
il apporte ou rallume le feu de l’amour
qui pousse à se mettre en marche et à agir.

À celles et ceux dont l’oreille et le cœur sont déjà ouverts aux appels de Dieu,
il redit qu’ils peuvent et doivent « aspirer à la vie parfaite ».

À celles et ceux qui regardent l’Église, du dedans ou du dehors,
d’un air sceptique, critique ou désabusé,
il rappelle qu’elle est l’Épouse bien-aimée du Christ
et que « le Saint-Esprit réside aux communautés. »

À celles et ceux qui doutent de l’Homme,
de sa dignité et de son destin,
il ose dire que l’Homme est la fleur de l’univers,
qui a été fait pour être son séjour,
« comme l’Homme a été fait pour être le séjour de Dieu. »


Père Guy Dermond, sdb
Délégué provincial auprès des Salésiens coopérateurs de Belgique Sud

14 octobre 2026

L'inter-être




Le bonheur n'est pas quelque chose d'individuel; il est de la nature de l'inter-être. Quand vous réussissez à faire sourire un ami, son bonheur vous nourrit; quand vous parvenez à la paix, à la joie, et au bonheur vous le faîtes pour tout le monde. Commencez par vous nourrir de sentiments de joie.

Pratiquez la méditation marchée dans la nature, appréciez l'air frais, les arbres, les étoiles dans le ciel nocturne.

Si vous allez dans ce sens, votre souffrance, vos soucis, vos formations mentales douloureuses commenceront à se transformer.

Les sentiments de joie ont la capacité de transformer les sentiments de chagrin et de douleur en nous.

Thich Nhat Hanh

Thich Nhat Hanh, né le 11 octobre 1926 à Hué et mort le 22 janvier 2022,
est un moine bouddhiste vietnamien et un militant pour la paix.

13 octobre 2026

La source du bonheur




« La source la plus directe du bonheur est une humeur enjouée.
Cette qualité trouve tout de suite sa récompense en elle-même.»
Schopenhauer

Nous ne pouvons espérer trouver l’amour si nous ne le portons pas déjà en nous. Nous ne pouvons espérer trouver le bonheur, si nous ne sommes pas porteur de joie. Pour que des fleurs s’épanouissent dans votre jardin, il vous faut d’abord semer des graines ; il en est de même des sentiments si vous voulez les voir s’épanouir dans votre jardin intérieur… 

Pour que des projets se réalisent, il vous faut vous mettre en capacité de les réaliser. Alors, les événements s’organiseront d’eux-mêmes, pour vous donner l’occasion de rejoindre votre attente. Faites du vide en vous pour accueillir la plénitude de la vie.

Soyez canal d’énergie, et la vie vous traversera d’un torrent de bénédictions !

François Garagnon
Pensées revigorantes (extrait) - Éditions Monte-Cristo

05 octobre 2026

Vivre les autres


En se définissant comme « le Chemin », Jésus voulait dire qu’il nous faut marcher comme il marchait lui-même. On peut dire que le chemin parcouru par lui porte un nom : amour. L’amour que Jésus a vécu et apporté est un amour spécial et unique. C’est l’amour même qui brûle en Dieu.

Qui aimer cependant ? Dieu en premier lieu. Puis chaque prochain. Du matin au soir, vivons chaque relation avec les autres dans cet amour. À la maison, à l’université, au travail, au stade, en vacances, à l’église, dans la rue, saisissons les occasions pour aimer les autres comme nous-mêmes.

Voyons Jésus en eux, ne négligeons personne, soyons les premiers à aimer chaque personne. Pénétrons le plus profondément possible en chacun, pour comprendre véritablement ses difficultés, ses exigences, ses souffrances et ses joies, de façon à partager tout avec lui.

Nous faire l’autre, en quelque sorte. Comme Jésus qui, étant Dieu, s’est fait Homme comme nous, par amour. Ainsi le prochain se sentira compris et réconforté, du fait que quelqu’un porte avec lui son fardeau, ses souffrances et partage aussi ses instants de bonheur. « Vivre l’autre », « vivre les autres » : c’est un grand idéal, exceptionnel.

Chiara Lubich
à des jeunes réunis à Saint Jacques de Compostelle lors des JMJ de 1989
extrait de « Parole de vie » n° 478 de mars 2018



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28 septembre 2026

La beauté du monde

Qu'est-ce que la beauté du monde ?

Il y a d’abord la beauté physique du monde... Il suffit de la regarder, de ne pas l’oublier : le vol délicat d’un oiseau, la couleur d’une fleur, la beauté d’un paysage… Et puis il y a la beauté morale, c’est ce que j’appelle les belles personnes. Ce sont ceux qui font que, quand on les rencontre, on est content d’être humain comme eux. Ces personnes rayonnent, elles irradient de joie, de générosité et de présence au monde…

Le monde ne mourra pas par manque de beauté et de merveilles mais par manque d’émerveillement… Le fracas de la mer qui bouleverse, le cirque de montagne qui efface la mélancolie, la musique d’un rire d’enfant qui réchauffe, le pas d’une femme qui interpelle… Oui, il faut éduquer à la beauté car la beauté fait lever en nous cette exaltation ravie qui ressemble au bonheur. C’est sur cet émerveillement continuel qu’il faut miser pour sauver la beauté du monde… En tant que chrétien, nous avons aussi une obligation spirituelle qu’est le partage. Toute notre vie, partager ce que nous avons reçu, ce que nous croyons, est notre premier devoir.

Jean-Claude Guillebaud
extrait de "Sauver la beauté du monde", Éditions L'Iconoclaste

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26 septembre 2026

Les deux joies

𝑆𝑖 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑡𝑜𝑖 𝑗𝑒 𝑑𝑒𝑣𝑎𝑖𝑠 𝑐ℎ𝑜𝑖𝑠𝑖𝑟…


II y a la joie qui vient du dehors et il y a celle qui vient du dedans.
Je voudrais que les deux soient tiennes
Qu'elles remplissent les heures de ton jour et les jours de ta vie ;


Car lorsque les deux se rencontrent et s'unissent,
II y a un tel chant d'allégresse que ni le chant de l'alouette
Ni celui du rossignol ne  peuvent s'y comparer.


Mais si une seule devait t'appartenir, Si pour toi je devais choisir,
Je choisirais la joie qui vient du dedans.
Parce que la joie qui vient du dehors est comme le soleil
Qui se lève le matin et qui, le soir, se couche.
Comme l'arc-en-ciel qui paraît et disparaît.
Comme la chaleur de l'été qui vient il se retire.
Comme le vent qui souffle et passe.
Comme le feu qui brûle puis s'éteint...
Trop éphémère, trop fugitive...


J'aime les joies du dehors. Je n'en renie aucune.
Toutes, elles sont venues dans ma vie quand il le fallait...
Mais j'ai besoin de quelque chose qui dure,
De quelque chose qui n'a pas de fin, qui ne peut pas finir.


Et la joie du dedans ne peut pas finir.
Elle est comme une rivière tranquille,
Toujours la même, toujours présente.
Elle est comme le rocher,
Comme le ciel et la terre qui ne peuvent ni changer ni passer.


Je la trouve aux heures de silence, aux heures d'abandon.
Son chant m'arrive au travers de ma tristesse et de ma fatigue ;
Elle ne m'a jamais quitté.
C'est Dieu - c'est le chant de Dieu en moi,
Cette force tranquille qui dirige les mondes et qui conduit les Hommes
Et qui n'a pas de fin, qui ne peut pas finir.


II y a la joie qui vient du dehors et il y a celle qui vient du dedans.
Je voudrais que les deux soient tiennes
Qu'elles remplissent les heures de ton jour et les jours de ta vie ;
Mais si une seule devait t'appartenir, si pour toi je devais choisir,
Je choisirais la joie qui vient du dedans.


François Garagnon
extrait de l'introduction du livre « La Joie et la Recherche du Bonheur » - Éditions Monte-Cristo

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23 septembre 2026

Un coin de prière


La nature peut devenir notre coin de prière.
Dieu nous la donne pour nous refaire, nous reposer, nous guérir.
Elle nous stimule à revenir à notre cœur
et nous apprend à y séjourner comme dans une maison amie.


Dieu y a laissé les traces de Sa beauté pour nous attirer en Lui.
« Pour celui qui prie sans cesse, le monde entier devient Église »,
disait le moine orthodoxe Silouane.
Je vous suggère cet exercice de Présence dans la nature où vous priez avec tous vos sens .
Ainsi soit-il.


Jacques Gauthier
« Prières de toutes les saisons » page 61



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21 septembre 2026

L'Amour de Dieu nous précède...

L' Amour de Dieu nous précède, son Amour devance nos besoins 


Jésus va de l’avant, il nous précède, il ouvre le chemin et nous invite à le suivre. Il nous invite à surmonter progressivement nos préjugés, nos résistances au changement des autres, voire de nous-mêmes. Il nous défie jour après jour par la question: crois-tu? Crois-tu qu’il est possible qu’un percepteur d’impôts devienne serviteur? Crois-tu qu’il est possible qu’un traître devienne un ami? Crois-tu qu’il est possible que le fils d’un charpentier soit le Fils de Dieu? Son regard transforme nos regards, son cœur transforme notre cœur. Dieu est le Père qui cherche le salut de tous ses enfants.


Laissons-nous regarder par le Seigneur dans la prière, dans l’Eucharistie, dans la confession, dans nos frères surtout ceux qui se sentent abandonnés, les plus esseulés. Et apprenons à regarder comme lui nous regarde. Partageons sa tendresse et sa miséricorde avec les malades, les prisonniers, les personnes âgées ou les familles en difficulté. Sans cesse nous sommes appelés à apprendre de Jésus; il regarde toujours le plus authentique qui subsiste dans chaque personne, qui est précisément l’image de son Père.


Extrait de l' Homélie du Pape François
le 21 septembre 2015 en la fête de Saint Matthieu




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20 septembre 2026

J'appelle, dit Dieu



Moi, j’appelle, dit Dieu. J’embauche tout le temps,
je suis sur la place pour embaucher dès 6H00 du matin.
J’y suis à 9H00, j’y suis à 14H00.
J’y suis encore à 5H00 du soir, alors que la journée va s’achever;
à ce moment, moi, j’embauche encore.
Et moi je paie, dit Dieu.
Je ne paie pas à l’heure, ni au mois, ni aux pièces.
Moi je paie à l’éternité.
Parfaitement:
une éternité de bonheur pour celui
qui aura travaillé pour moi quelques heures,
quelques semaines, quelques mois, quelques années.


Et j’appelle tous ceux qui veulent.
Je ne demande ni BAC, ni BEPC, ni CAP, ni BTS, ni diplôme d’aucune sorte.
Je ne demande que de la bonne volonté, la volonté de travailler;
j’appelle pour tous les métiers.


J’ai besoin de cantonniers, car il est écrit :
« Préparez les routes du Seigneur,
rabotez les collines et rectifiez les virages… ».
J’ai besoin de cantonniers pour préparer la route de mon retour.
En créant un monde moins inégal et plus droit,
en luttant contre les injustices et les misères,
En rendant les routes de la vie moins dures et moins pénibles
pour les Hommes, mes Fils, pour les Hommes, vos Frères…


J’ai besoin d’infirmiers, de bons samaritains,
ceux qui soignent les maladies du corps et surtout de l’âme,
ceux qui ramassent dans les fossés les blessés de la vie,
les abandonnés de la route…


J’ai besoin de vignerons et de moissonneurs,
car « la moisson est abondante et les ouvriers peu nombreux ».
J’appelle tous ceux qui sont prêts à récolter
la moisson des bonnes volontés qui ne savent où s’adresser,
la vendange des joies qui ne savent avec qui se partager…


Surtout, surtout, j’ai besoin de bergers,
« car j’ai pitié de ces foules, qui sont comme des troupeaux sans pasteurs ».
Ceux par les mains de qui je partagerai à tous les affamés
le Pain de ma Parole,
le Pain de mon Corps et le Vin de mon Sang…


Venez tous, dit Dieu, j’appelle; il y a du travail pour tous,
j’emploie tout le monde…
Et ce soir, après la journée de travail,
tous ensemble, avec Moi, vous ferez la fête !


Texte trouvé sur la feuille paroissiale des Contamines, en Haute-Savoie, le 3 août 1997

Ce dimanche, l'Évangile nous invite : "Venez à ma vigne" ►

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18 septembre 2026

Aime le silence

Aime le silence.
Mets-toi à son école. Il est ton maître.
Il t’apprendra à regarder l’icône de Jésus Christ,
il t’apprendra à accommoder les yeux de ton cœur à ce visage de Dieu
qui te révèle ton propre visage et de celui de l’Homme.

Aime le silence.
Mets-toi à son école. Il est ton Maître.
Il t’apprendra à regarder le visage défiguré de Jésus Christ.
Il l’apprendra à accommoder les yeux de ton cœur à ce visage de Dieu
qui te regarde avec les yeux de l’Homme affamé et torturé.

Aime le silence.
Mets-toi à son école. Il est ton Maître.
Il t’apprendra à regarder le visage transfiguré de Jésus Christ.
Il t’apprendra à accommoder les yeux de ton cœur
pour discerner, au cœur de la création,
les reflets de la beauté du Créateur,
pour discerner dans l’épaisseur des choses et des êtres
leur véritable dimension intérieure
et dans les humbles gestes de tout être créé,
les traces de sa bonté.

Aime le silence.
Mets-toi à son école. Il est ton Maître.
Il t’apprendra à regarder le visage humain et divin de Jésus Christ,
Source et Achèvement de notre histoire.
Il t’apprendra à accommoder les yeux de ton cœur
pour discerner les brèches de lumière au fond de nos impasses,
les germes d’éternité dans la brièveté du présent
et le devenir encore caché de tout être vivant.

Aime le silence.
Mets-toi à son école. Il est ton Maître.
Il t’apprendra à regarder le vrai visage de l’Homme et de Dieu.
Il te donnera ce regard intérieur de la foi qui apprend à regarder les Hommes,
leurs joies et leurs souffrances, leurs désespoirs et leurs espérances,
tous les grands et petits événements de la vie avec les yeux de Jésus Christ.

Père Michel HUBAUT

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17 septembre 2026

Compassion


À ceux qui se demandent quel sorte de manque ronge silencieusement nos sociétés, il faut répondre : la compassion. Cette sollicitude spontanée que les bouddhistes appellent la maitrise et qui est assez proche, au fond, de l’agapè des chrétiens.


Aujourd’hui, on a beau prendre la réalité contemporaine par tous les bouts, une évidence crève les yeux : la compassion est en train de quitter notre monde. À petits pas. Insidieusement.


Or, avec la compassion, c’est le bonheur de vivre qui s’en va. Disons même la gaieté.


Nos rires deviennent tristes. Notre sérieux est navrant. Nos prudences sont moroses. Nos « fêtes » sont sans lendemain. Nos plaisirs sont boulimiques et plutôt enfantins. Tout se passe comme si la frénésie jouisseuse de l’époque cachait une sécheresse de cœur et une stérilité de l’esprit.


La gaieté véritable, celle que nous sommes en train de perdre, c’est celle de l’aube, des printemps, des projets. Elle se caractérise par une impatience du lendemain, par des rêves de fondation, par des curiosités ou des colères véritables : celles qui nous « engagent ». Cette vitalité joyeuse ne doit pas être abandonnée à la contrebande des amuseurs médiatiques ou des clowns politiciens. 


Jean-Claude Guillebaud



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14 septembre 2026

La paix, c'est d'abord...


La paix, c’est d’abord se pacifier soi-même, libérer l’énergie qu’usurpent et bloquent nos passions pour permettre à la grâce de l’utiliser, de la rendre féconde. Il faut une grande foi et une certaine ascèse. Ainsi s’insèrent dans le tissu malade de l’humanité quelques cellules saines. Car les passions sont aussi des passions collectives, hypnoses, obsessions, haines dont la violence même nous donne l’illusion d’un être accru, plus fort et plus « vital », d’une tension équilibrante alors qu’elle ne fait que détruire l’équilibre et l’harmonie du monde. Le pire est de penser, et de faire penser à des masses, qu’on est le bien, que l’autre est le mal et donc qu’on fait le bien en le tuant, en l’éliminant.


Mais aujourd’hui, il existe dans le monde des guerres oubliées qui ne peuvent pas finir parce que personne ne peut l’emporter et dans lesquelles on s’installe. Des enfants grandissent qui n’ont jamais connu et ne connaîtront autre chose que la guerre. Parfois une idole y préside, qui veut des sacrifices humains. Parfois la guerre devient une habitude mortifère. Beaucoup d’intérêts obscurs (ou trop clairs) utilisent cette violence qui dévore des peuples entiers et des générations entières. 


Olivier Clément
« Petite boussole spirituelle pour notre temps » (extrait)


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11 septembre 2026

La spiritualité de l'enfance


Dans notre monde qui manque d’espérance, le prophète doit être une sentinelle pour reprendre l’expression de Saint Jean-Paul Il. Dans notre monde de robots, nous n’avons plus le temps de nous asseoir. Comme l’écrit Georges Bernanos dans Les enfants humiliés :

L’espérance, voilà le mot que je voulais écrire. Le reste du monde désire, convoite, revendique, exige et il appelle tout cela espérer. Le monde vit beaucoup trop vite, le monde n’a plus le temps d’espérer. La vie intérieure de l’Homme moderne a un rythme trop rapide pour que s’y forme et mûrisse un sentiment si ardent et si tendre, il hausse les épaules à l’idée de ces chastes fiançailles avec l’avenir. L’espérance est une nourriture trop douce pour l’ambitieuse, elle risquerait d’attendrir son coeur. Le monde moderne n’a pas le temps d’espérer, ni d’aimer, ni de rêver.


Et si nous redevenions des prophètes de l’enfance ? On nous a volé notre enfance ! Retrouver la spiritualité de l’enfance, celle de la petite Thérèse ! Il s’agit de s’émerveiller, d’aimer et de vivre la confiance et l’abandon. Notre vocation, c’est l’amour ! Nous sommes une religion de l’amour. Dieu est amour ! Vous ne ferez jamais naître de la vengeance dans le cœur. Il est venu pour nous sauver, non pour nous juger. Celui qui croit est déjà sauvé. Voilà ce qu’attendent nos contemporains ! Il est vrai que l’amour n’est pas toujours bien accueilli, mais ne l’oublions pas : L’amour désarme ! N’ayons pas peur, ouvrons grandes les portes au Christ.


Père Patrick Chauvet



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10 septembre 2026

Caressé de Dieu...



Je me regarde comme le plus misérable de tous les Hommes, et qui a commis toutes sortes de crimes contre son Roi. Touché d’un sensible regret, je lui déclare toutes mes malices ; je lui en demande pardon, je m’abandonne entre ses mains pour faire de moi ce qu’il lui plaira. 


Ce Roi plein de bonté et de miséricorde, bien loin de me châtier, m’embrasse amoureusement, me fait manger à sa table, me sert de ses propres mains, me donne les clefs de ses trésors et me traite en tout comme son favori ; il s’entretient et se plaît sans cesse avec moi en mille et mille manières, sans parler de mon pardon ni m’ôter mes premières habitudes. Quoique je le prie de me faire selon son cœur je me vois toujours plus faible et plus misérable, cependant plus caressé de Dieu. 

Frère Laurent de la Résurrection

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03 septembre 2026

Choisir


Toi qui es captivé par le mystère de la condition humaine, l’ignores-tu ? Le Christ ouvre en chacun une voie d’espérance. Avec toi il traverse même les contradictions intérieures, les peurs et la joie, les doutes et la confiance, les révoltes et le pardon.


Se résigner face aux contradictions ? Non pas la résignation, mais lui donner ta confiance. Dans la condition humaine, le Ressuscité jamais ne refuse le secret d’une présence, et même d’un bonheur. Non pas la résignation, mais comme un lâcher prise intérieur, t’abandonner à l’Esprit Saint, au Christ vivant.


Abandonne-toi. Lui, le Ressuscité, a déposé au-dedans de toi sa confiance. Il offre cette guérison des déchirures qui, dans l’Évangile, porte le non de réconciliation. Oui, repose-toi en paix sur Dieu seul. Sinon, comment découvrir jour après jour ce qu’il place en avant de toi ?


L’Évangile place devant un choix. Ou bien donner sa vie, non pas quelques fragments, mais toute son existence. Ou bien se servir soi-même et suivre sa propre ombre, entre autres dans la poursuite du prestige humain. Impossible de marcher sur ces deux voies. Choisir le Christ Jésus suppose de n’en suivre qu’une. Choisiras-tu le Christ ?


Le Christ n’attend que ton choix, un choix de l’essentiel repris sans cesse, en plein milieu de tes activités. Choisir ! Personne ne le peut pour toi. Toi, commence. Donne-lui ta confiance. N’attends pas que ton cœur soit changé : jour après jours, le Christ le changera.


Frère Roger - Taizé



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02 septembre 2026

Jusqu'aux extrémités de la société




Chaque fidèle doit se sentir appelé à aller, en tant qu’envoyé du Christ, à la recherche de ceux qui se sont éloignés de la communauté, comme ces disciples d’Emmaüs qui avaient cédé au découragement.



Il faut aller jusqu’aux extrémités de la société pour apporter à tous la lumière du message du Christ sur la signification de la vie, de la famille et de la société, en rejoignant les personnes qui vivent dans le désert de l’abandon et de la pauvreté, et en les aimant avec l’Amour du Christ ressuscité.



Dans chaque apostolat, et dans l’annonce de l’Évangile, comme le dit saint Paul, si je n’ai pas la charité je ne suis rien. (1 Co 13,2)


Pape Benoît XVI (2022†)
Discours à l’archidiocèse de Madrid - 4 juillet 2005 - (extrait)


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01 septembre 2026

Chemin de l'école

𝑀𝑒̂𝑚𝑒 𝑠𝑖 𝑙𝑒𝑠 𝑑𝑎𝑡𝑒𝑠 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑟𝑒𝑛𝑡𝑟𝑒́𝑒 𝑠𝑐𝑜𝑙𝑎𝑖𝑟𝑒 𝑐𝑜𝑛𝑛𝑎𝑖𝑠𝑠𝑒𝑛𝑡 𝑑𝑒́𝑠𝑜𝑟𝑚𝑎𝑖𝑠 𝑢𝑛𝑒 𝑐𝑒𝑟𝑡𝑎𝑖𝑛𝑒 𝑓𝑙𝑒𝑥𝑖𝑏𝑖𝑙𝑖𝑡𝑒́, 
𝑙𝑒 1𝑒𝑟 𝑠𝑒𝑝𝑡𝑒𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑟𝑒𝑠𝑡𝑒 𝑢𝑛𝑒 𝑑𝑎𝑡𝑒 𝑠𝑦𝑚𝑏𝑜𝑙𝑖𝑞𝑢𝑒...



𝐏𝐨𝐮𝐫 𝐡𝐚𝐛𝐢𝐭𝐞𝐫 𝐥𝐚 𝐯𝐢𝐞 𝐚𝐮𝐭𝐫𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭


Il va falloir reprendre le chemin de l'école. Oui, et même si les enfants sont aujourd'hui transportés en voiture à la porte de leur Établissement, ils devront quand même se mettre en tête que "le chemin de l'école", c'est aussi l'art de se préparer à modifier le rythme de vie, de se lever plus tôt et donc de se remettre en condition pour "entrer en apprentissage".


La question est de savoir si nous pourrions nous passer de l'école, ce lieu marquant dans lequel il nous est intimé de travailler aux apprentissages premiers sans lesquels nous ne pourrions pas même lire, écrire, compter et nous socialiser. Bien sûr, il est possible d'être scolarisé chez ses parents, à certaines conditions, mais peut-on réellement remplacer ce temps de la vie où nous nous mettons essentiellement à l'école de la relation aux autres dans un espace sacré que nous appelons "école".


Reprendre l'école n'est pas réservé aux enfants et aux adolescents. La nature de notre vie sociale d'adultes est structurée par la fameuse "rentrée scolaire". D'ailleurs, le "chemin des écoliers" ne se limite pas à la reprise de l'école de nos enfants. L'origine grecque du mot "école" me rappelle que ce grand retour, après les vacances, à la vie sociale ordinaire, correspond à un rythme vital pour renouer avec le "Loisir". Oui, cela va vous étonner mais "école" (Skhôlè), en grec signifie "Loisir". Ce loisir qui consiste à fréquenter les arts, le théâtre, les jeux, le gymnase, les banquets, les affaires publiques...autant d'activités susceptibles de nous replonger dans l'incessant perfectionnement de la cité.


Si je comprends bien, reprendre le "chemin de l'école" serait donc l'art d'habiter la vie avec le souci premier de vivre en pleine pâte humaine, dans les moindres recoins de ce qu'il me faut de vital et d'essentiel pour vivre à hauteur de ce que le monde attend de moi pour humaniser l'existence et lui fournir les ingrédients d'un véritable "apprentissage de la vie".


Je savais déjà que la vie est une école de progrès et de d'accomplissement, mais le fait que la rentrée scolaire se rapproche me procure une cure de jouvence, comme si le chemin des écoles me prenait par la main pour me pousser un peu plus loin. L'école est aussi un chemin qui fera de moi un bon "élève". En tout cas un chemin qui élève la vie. Bonne rentrée à chacune et chacun d'entre vous.


Marc Maronne



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29 août 2026

Témoignage ou reportage


On ne saurait trop insister sur cette différence
entre le témoignage et le reportage.
Beaucoup seraient tentés de voir dans le reportage
pourvu de tous les moyens d’enregistrement
le sommet de la vérité historique.
Il ne voit pas que les caméras et les magnétophones
ne peuvent fixer que des apparences extérieures.


Pour enregistrer une expérience profonde,
le seul instrument valable est le cœur au sens biblique du mot,
c’est-à-dire la conscience.
Ce qui conduit à poser la question : pourquoi croyez-vous ?
Quel est le motif de votre foi ? Autrement dit,
quel est le sens que la résurrection de Jésus donne à votre vie ?
Non pas seulement le fait mais le sens du fait.


Si l’on veut garder un mot que la photographie utilise,
je dirai que ce qui est « impressionné »
par l’expérience de Jésus ressuscité
est le fond de l’être, notre existence même.
Quand les apôtres disent : « nous en sommes témoins » (Ac 5, 32)
cela ne signifie pas : nous l’avons vu sortir du tombeau.
Cela veut dire : « nous sommes absolument certains que Jésus est vivant ;
il a ouvert une fois pour toutes, en sa personne,
les portes de la Vie véritable, c’est-à-dire qu’il est, Lui, la Résurrection.
Et de cette certitude qui est plus qu’humaine,
le don que nous faisons de nos vies jusqu’au martyr est le garant. »
C’est le témoignage !


Père François Varillon, sj



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