Jean-Yves Leloup
Un art de l'attention (extrait)
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en paroisses ou en communautés, retirés au désert, enfouis dans le monde ou en mission...
multiples visages qui reflètent la diversité des appels que tu déposes en nous...
Jean-Yves Leloup
Un art de l'attention (extrait)
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Jean Yves Leloup,
extrait de "Le Notre Père" - Éditions Albin Michel
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Chaque jour nous entendons le bruit des arbres qui tombent.
Notre actualité ou notre histoire ne semblent faites
Que de chutes et de fracas ...
Mais nul n'interviewe le printemps.
On n'entend pas le bruit de la forêt qui pousse.
On n'entend pas le clairon de la sève dans nos membres.
L'essentiel ou le vital ne font pas de bruit.
Soyez silencieux et efficaces comme des printemps :
cela n'empêchera pas le bruit des arbres qui tombent,
mais vous quitterez la société des fossoyeurs
pour entrer dans la compagnie des porteurs de semences.
Vous connaitrez les oiseaux ...
Jean-Yves Leloup
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Je ne te connais pas, Maître des saisons,
Mais toutes les saisons me parlent de toi
Tu es le Dieu du printemps,
La Vie qui fait fleurir, la Vie qui fait grandir,
Tu es le Dieu de l’été,
La Vie qui nous éclaire et qui nous brûle.
Tu es le Dieu de l’automne,
La Vie qui nous fait mûrir,
Qui nous fait porter du fruit et danser
Au moment des vendanges.
Tu es aussi le Dieu de l’hiver,
La Vie qui fait mourir, qui nous ensevelit
Pour mieux renaître à la prochaine saison.
Tu es le Dieu des amandes,
L’écorce et le noyau de tout
Ce qui vit et respire.
Tu es la lumière qui illumine
Tout homme venant en ce monde,
Et comme la lumière, je ne t’ai jamais vu.
Le soleil est ton reflet,
Le vent ton écho.
Tu es le Dieu turquoise
Des eaux inviolées,
Le mouvement de ses vagues
Du levant au couchant.
Tu es la palpitation innombrable
Dont le cœur humain oublie ou vénère la trace.
Tu es ce que tu es !
Jean-Yves Leloup,
Une femme innombrable (extrait)
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« Les biens les plus précieux ne doivent pas être cherchés mais attendus » : c'est de la qualité de notre attente ou encore de notre désir que naît la qualité de notre attention.
L'attention est alors un autre nom pour l'Amour, quand celui-ci ne se contente pas d'émotions ou de bonnes volontés mais devient l'exercice quotidien d'une rencontre avec ce qui est, avec ce que nous sommes.
À travers les labyrinthes de nos préoccupations, il faudra garder un fil d'heureuse vigilance. Sans cette vigilance comment pourrions-nous reconnaître la présence Une sous ses formes multiples et goûter la Saveur ( Sapienza ) ? Comment pourrions- nous « prendre soin de l'Être » ?
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Pouvons-nous demeurer en silence ? Entrer en relation avec ce silence ? Le goûter comme une présence ?
Un espace, une vastitude au cœur de tout ce qui nous enferme, nous rétrécit, nous conditionne physiquement, psychiquement, socialement, et ajoutons « cosmiquement ›› puisque nous faisons partie de la grande nature qui nous environne ?
Le vide n’est pas à faire, il est toujours là, quand on ne le remplit pas avec des riens.
Le silence n’est pas à faire, il est toujours là, quand on ne le remplit pas avec des bruits, des mots, des pensées ou des mémoires, conscientes ou inconscientes.
La page blanche est toujours là, sous nos graffitis ou sous nos saintes écritures.
La Réalité que nous mettons sous le mot Dieu est peut-être dans ce silence-là, entre les lignes, entre les mots, entre l’inspire et l’expire. Ce silence d’où vient le souffle et où retourne le souffle, d’où vient la pensée et où retourne la pensée, d’où vient la vie et où retourne la vie…
Jean Yves Leloup,
extrait de "Le Notre Père" - éditions Albin Michel
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Chaque jour nous entendons le bruit des arbres qui tombent.
Notre actualité ou notre histoire ne semblent faites que de chutes et de fracas. ..
Mais nul n'interviewe le printemps.
On n'entend pas le bruit de la forêt qui pousse.
On n'entend pas le clairon de la sève dans nos membres.
L'essentiel ou le vital ne font pas de bruit.
Soyez silencieux et efficaces comme des printemps :
cela n'empêchera pas le bruit des arbres qui tombent,
mais vous quitterez la société des fossoyeurs
pour entrer dans la compagnie des porteurs de semences.
Vous connaîtrez les oiseaux.
Jean-Yves Leloup,
"Un art de l'attention"
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Avoir une boussole n’empêche pas de se perdre.
D ailleurs n’est-il pas parfois nécessaire de s’égarer un temps pour se trouver ?
Il ne s’agit ni de suivre un itinéraire tracé d’avance ni d’être dans un état d’errance. L itinéraire – dont les voyages organisés sont le symbole -, c’est le connu, le balisé, le programme. Le sage taoïste Lao Tseu nous rappelle qu’on peut faire le tour de la terre sans avoir fait un seul pas en dehors de soi-même. Autrement dit, on peut promener partout avec soi le même regard, les mêmes projections, et ne rien voir. À suivre de trop près les indications des guides de voyage, -comme des guides spirituels d’ailleurs !-, on risque de passer à côté d’un paysage, d’un trésor, d’une lumière qui nous étaient destinés…
L’errance, c’est quand nous confondons le cœur boussole et le cœur girouette, toujours prêt à tourner dans tous les sens selon les pensées qui agitent le mental et les émotions qui chamboulent notre être. En ce sens, la voix intérieure que nous écoutons n’est pas toujours l’appel de l’Être qui vient de la profondeur et qui indique la bonne direction à prendre. Elle est aussi parfois l’écho des voix multiples, de la multitude des désirs qui nous assaillent et nous désorientent.
Un discernement est donc nécessaire. Mais, de nouveau, ne dramatisons pas! Car nous avons le droit à l’erreur. « Va où ton cœur te mène ›› : dit le Qohelet (livre de l'Ecclésiaste). Or, aller où notre cœur nous mène est un risque qui peut nous conduire dans des impasses, sur des chemins qui ne conduisent nulle part. Mais en même temps, si nous faisons fausse route, si nous nous trompons de chemin, nous pouvons à chaque instant le reconnaître, revenir sur nos pas et retourner vers le « droit chemin ››. Peut-être même faut-il faire l’expérience de l’erreur et de l’errance pour avancer. Peut-être faut-il tomber pour pouvoir se relever. La chute est un apprentissage, elle nous appelle au redressement. Le chemin n’est-il pas en permanence celui du retour à la Source, le passage du « moi » perdu au « je suis ›› retrouvé ? De fait, c’est ma conviction, on ne regrettera jamais d’avoir suivi la voix de son propre cœur, même si cette voie est douloureuse ou conduit dans un cul-de-sac.
Jean-Yves Leloup
« La Chair et le Souffle » (extrait)
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Ce qui est demandé au chemin, c’est de nous conduire au bout de lui-même… Chacun de nous est un chemin, ce qui est demandé à l’un n’est pas demandé à l’autre. On ne demande pas à un pommier de faire des figues, on demande à un pommier de donner des pommes, au figuier de donner des figues.
La seule chose qui nous est demandée et que demande la Vie en nous, c’est de produire nos propres fruits, les fruits de notre propre sève, le chant de notre propre cœur, la marche de notre propre vie. On fait souvent de nous des arbres artificiels, un peu comme les sapins de Noël.
Nous ne donnons alors pas les fruits de notre arbre mais d’autres fruits, qui viennent d’ailleurs. Ils sont certes brillants, appétissants et beaux à voir, mais ils manquent de sève et de saveur.
Il nous arrive ainsi d’en avoir assez d’être un sapin de Noël et de vouloir être enfin un arbre bien planté en terre, pour porter enfin nos fleurs et donner nos propres fruits, tournés vers la lumière.
Pour cela, il nous suffit de savoir quelle est notre manière propre d’incarner la vie, l’amour, d’être au Logos, comme le dit Élisabeth de la Trinité, une “incarnation de surcroît”, une forme, une manifestation nouvelle, irremplaçable, un “fils unique”…
À chacun de devenir le nom, le secret qu’il est, de révéler cette forme particulière que prend l’Être, la Vie en lui. Chacun de nous est un chemin unique, celui que prend l’Amour pour éclairer le monde. Chacun de nous est une forme unique, particulière, que prend la Vie pour éclairer la terre.
“En marche !”
Jean-Yves Leloup
« L'Assise et la marche » (extrait)