Don Bosco nous dit :



  | Don BOSCO nous dit:




Apprends-nous à déposer notre « oui » dans le tien, nous, membres de ton Église :
en paroisses ou en communautés, retirés au désert, enfouis dans le monde ou en mission...
multiples visages qui reflètent la diversité des appels que tu déposes en nous...

Un même rêve, un même coeur

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09 avril 2026

L'adoration

L’adoration, c’est la prière lorsqu’elle ne sert plus à rien. Elle jaillit quand l’Homme ne trouve plus les mots et que les idées savantes deviennent superflues. Le cœur se laisse alors envahir par le trop-plein de Dieu. Il suffit qu’Il soit. Il suffit que je sois là, certain de Sa présence. Adorer, c’est percevoir, fût-ce en un instant fugitif, que rien n’a du poids en face de Lui, que tout est évanescent en regard de cette suprême Présence. C’est le face-à-face avec un Dieu que l’on ne tente plus de récupérer ou d’utiliser. Plus de comptes ni de marchandages. C’est l’arrêt de toutes discussions. L’adoration est reconnaissance d’un Dieu de surabondance.


Il n’y a guère de mots ou de formules pour ce genre de prière. Mais la densité du silence se fait tour à tour émerveillement et humilité. Adorer: ni aliénation, ni mysticisme, mais découverte de la véritable épaisseur des choses à cause de Lui. L’amour s’épanouit toujours en silence. On reçoit l’Autre tel qu’Il est et dans la joie de ce qu’Il est. Pour un être qui aime, plus rien n’existe hormis l’aimé. Ou plutôt, tout existe à cause de lui. L’amant découvre que tout en lui est reçu de l’aimé. En dehors de cette relation, la lumière devient fade et les joies creuses.


Nul verbe ne peut traduire l’émoi d’un cœur lorsqu’il prend conscience de cet absolu de Dieu. Il n’y a plus qu’à être là, toutes affaires cessantes, pauvre de mots et de gestes, simple présence offerte à l’émerveillement et à la gratitude.


Père Charles Delhez s.j. († 8 avril 2026)
Ce Dieu inutile (extrait)
collection Foi Vivante / Lumen Vitae § Fidélité, 1995


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18 septembre 2025

Nous sommes en devenir


Petit à petit, le temps fait son œuvre, comme la vague qui vient, revient et finit par avoir raison du château de sable que les enfants avaient construit parmi les cris de joie. La mort n’est pas seulement le point de mire lointain de notre existence. Elle en est encore la compagne. Mourir est l’âme du temps. Temps éclaté, temps qui coule, temps qui se disperse… Le temps, c’est un peu nous-mêmes. Nous avons un certain nombre d’années à vivre et puis ce sera fini. Nous sommes un certain nombre de saisons. Nous sommes du temps. Qu’en faisons-nous ?


Nos instants sont écartelés entre le passé et l’avenir. Notre temps est un vase de parfum tombé à terre et brisé: le vase est en morceaux et le précieux liquide évaporé. Ainsi notre présent, lorsqu’il nous échappe.


Moi, je suis l’Alpha et l’Oméga, dit le Seigneur Dieu, Celui qui est, qui était et qui vient, le Souverain de l’univers (Ap 1, 8). Voici que vient Celui qui a vaincu la force corrosive du temps. Voici que vient Celui qui habite l’éternité de l’instant. Il récapitule toute l’histoire dans le cœur de Dieu. En Lui aucun remords ni regret du passé. Aucune rêverie ni fuite dans le futur. Mais l’épaisseur de l’éternel présent. Jésus habite le temps de Dieu, temps de l’éternité, temps de l’amour. Pourquoi notre temps coule-t-il de jour et de nuit ? Parce que nous nous cherchons. Nous ne sommes pas encore vraiment nous-mêmes. Nous tentons de nous construire et de nous réaliser, car nous ne sommes pas encore ce que nous devons et voulons être. Nous sommes en devenir.


Père Charles Delhez s.J.
Ce Dieu inutile (extrait)
collection Foi Vivante / Lumen Vitae § Fidélité, 1995



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06 juin 2025

Invitée à vivre l'inespéré


L’Église est pour la mission. Mais où irai-je lorsque, épuisé par la route, le coeur plein de la souffrance des Hommes et les bras chargés de leurs fardeaux, je serai essoufflé au bord du chemin ? Qui m’accueillera et me redira les mots de l’espérance lorsque la douleur et la haine rencontrées me feront douter de Dieu et désespérer de la vie ?

La communauté chrétienne est aussi le lieu d’un ressourcement. Dans la fraction du pain, nos yeux s’ouvrent à nouveau et reconnaissent Celui qui ne nous avait pas quittés et qui, tandis que nous marchions las et tristes, nous réchauffait le coeur par Sa parole. Sitôt notre regard ébloui par Sa présence, Il s’efface et nous renvoie aux carrefours de nos cités. Ite, missa est ! Allez ! Car l’Église ne possède pas le Christ : elle Le reconnaît, mais ne peut L’accaparer.


Au coeur de ce monde, dispersée dans les Goulags de notre humanité, l’Église est invitée à vivre l’inespéré qu’elle a lu dans les yeux du Ressuscité. Humblement au service des Hommes, elle chante un air nouveau pour répondre aux chants de deuil.


Père Charles Delhez s.J.
Ce Dieu inutile (extrait)
collection Foi Vivante / Lumen Vitae § Fidélité.



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30 janvier 2025

O Seigneur, murmure-moi Ta volonté


O Seigneur,
murmure-moi Ta volonté,
entrons en confidence.
Dis-moi comment Tu regardes les Hommes
et ce que Tu attends d’eux
et ce que Tu espères de moi.


Confie-moi, Seigneur,
le désir de Ton cœur
et partage-moi le rêve de Tes nuits
quand Tu restes éveillé
et que, une lampe à la main,
Tu attends nos retours.


Que respire en moi Ton Souffle
et que nos vies battent à l’unisson
pour que, en ce monde en quête d’humanité,
je devienne le poème de Ton amour
et l’hymne de Ton éternité.


O Seigneur,
murmure-moi Ta volonté,
entrons en confidence
et parle à mon intimité:
redis-moi les paroles de Ton Fils
lorsqu’Il chantait une chanson nouvelle
et annonçait des chemins inconnus.


Donne-moi le goût du risque
quand, pour emboîter le pas à mon Frère,
il me faudra tout donner.
Allège mes fardeaux inutiles
pour que je puisse marcher sur Ta route
d’un cœur libre.


Père Charles Delhez sj, 
Ce Dieu inutile (extrait)
collection Foi Vivante/Lumen Vitae § Fidélité, 1995


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03 novembre 2024

Mon prochain le plus proche


Jésus-Christ est celui que nous espérons lorsque nous cherchons le coeur de notre ami. À la manière de saint Irénée de Lyon, je dirais : La réalité invisible que l’on désire en tout Homme, c’est le Christ, et la réalité visible en laquelle on désire le Christ, c’est chaque Homme. Tel est le mystère de notre foi : en toi, j’aime Dieu qui s’est fait Homme et qui s’est révélé plus intime à toi-même que toi. Ta véritable personnalité est cachée en Dieu. Quand je marche vers toi, c’est Lui que je cherche. Lorsque je Le cherche, c’est toi que je rencontre. Car Dieu s’est fait mon prochain le plus proche.


Cependant, mon Frère ne peut devenir celui en qui Dieu s’offre à moi que si je le regarde comme un absolu. Dès que je veux le posséder ou l’utiliser à mon service, il fait barrage à la venue de Dieu et cesse d’être le sanctuaire de la Rencontre. Pour boire Dieu à la source de l’autre, il faut en être assoiffé et, pour cueillir l’Amour au coeur de toute amitié, il faut être désintéressé.


Au bout de l’Histoire, nos yeux émerveillés, s’ouvriront : C’était donc Lui ! Et nous verrons le visage du Seigneur en pleine clarté. Dans le même regard nous découvrirons tous ceux que nous avons aimés, illuminés d’une indicible beauté. Car la beauté mystérieuse de ceux que nous aimons, c’est le Christ.


Père Charles Delhez s.J.
Ce Dieu inutile (extrait)
collection Foi Vivante / Lumen Vitae § Fidélité



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21 octobre 2024

Aimer sans mesure


Dans tout ce que nous entreprenons de bon, nous tentons de constuire un monde heureux où chacun puisse s’épanouir, toi et moi, vous et nous, ensemble. Admettre l’existence du ciel, c’est avoir la certitude que le désir qui habite chacun de nos gestes d’amour – à savoir d’habiter le Royaume de l’Amour – n’est pas vain. En poussant amoureusement notre rocher jusqu’au sommet de la montagne, nous parviendrons en haut et nous y resterons. Le Mythe de Sisyphe d’Albert Camus prétend faire le portrait d’un homme courageux: il sait que, parvenu en haut, le rocher dévalera aussitôt la pente, mais il continue de grimper.


Ce qui est surtout en jeu, c’est la grandeur de Dieu. Nous croyons qu’Il nous désire de toute éternité et qu’en nous créant, Il nous a tirés de l’inexistence. Le ciel n’est pas d’abord une récompense, mais l’exaucement du rêve désintéressé de Dieu Lui-même qui nous veut comme compagnons d’éternité. Nous ne pouvons Le rejoindre que par l’amour, car il n’est de partage possible de Sa béatitude que dans l’amour. Sa seule joie est d’aimer sans mesure.


Père Charles Delhez s.J.
Ce Dieu inutile (extrait)
collection Foi Vivante / Lumen Vitae § Fidélité



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03 juillet 2024

Notre bien suprême


Au temps des croisades, un certain frère Yves recontra, au milieu de la rue, une vieille femme qui portait dans sa main droite une écuelle pleine de feu et dans la main gauche, une fiole pleine d’eau. Il lui demanda: Que veux-tu faire de cela? Elle répondit qu’elle voulait avec le feu brûler le paradis et avec l’eau éteindre l’enfer de telle sorte que ni l’un ni l’autre n’existent plus. Il lui demanda: Pourquoi cela? – Parce que je ne veux pas qu’on fasse le bien pour gagner le paradis ou par crainte de l’enfer, mais seulement pour l’amour de Dieu qui vaut plus que tout et qui est notre bien suprême.


Cette vieille femme avait raison. Si la Bonne Nouvelle est celle de l’amour, comment peut-on concevoir une morale qui serait pur calcul ? On ne dose pas sa vertu pour arriver au ciel à moindres frais et on n’évite pas de blesser son frère pour ne pas risquer de souffrir soi-même en enfer! Qui se contenterait de semblables motivations serait bien loin de l’Evangile. Il se ferait une piètre idée de Celui qui est Amour sans l’ombre d’un repli sur soi.


Le ciel n’est pas une gratification extérieure à l’action que je pose comme l’est le poisson que le dompteur jette au dauphin. Il est l’aboutissement de l’action posée, son accomplissement.


Père Charles Delhez s.J.
Ce Dieu inutile (extrait)
collection Foi Vivante / Lumen Vitae § Fidélité.



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08 avril 2024

Au cœur de l'Église


Au cœur de l’Église, il est un visage beaucoup aimé: celui de Marie. Parce qu’elle est au point de départ. Parce qu’elle est simplicité et silence. Parce qu’elle est accueil et souffrance. Parce qu’elle est ce que nous voudrions être en face de Dieu. Que de créativité artistique, que de beauté et de prière n’a-t-elle pas suscitées ! Que de cœurs n’a-t-elle pas touchés ! Au milieu de leur nuit, que de pécheurs l’ont rencontrée, murmurant humblement : Prie pour nous, Marie ! Tant de chrétiens n’auront pas osé approcher le Mystère de Dieu, mais ils auront fréquenté sa mère sur le visage de qui le Soleil se reflète, comme l’astre du jour sur celui de la nuit. Cette jeune fille de Nazareth est la fleur d’une longue attente, celle de tout un peuple en désir de salut. Dans son cœur de jeunesse, tous les espoirs et toutes les peines, tous les désirs et toutes les peurs de notre terre en genèse. Dans ses yeux de printemps, l’océan de notre inlassable quête vient battre les plages de l’éternité.


Dieu cherchait une brèche pour insuffler Son Esprit. Il attendait un oui pour engendrer notre avenir. Et elle a dit oui. Dieu a trouvé sa porte ouverte et un filet de clarté a tiré l’ombre de son sommeil. Première fleur entre les mains de Dieu, Marie fait naître l’Église. Lorsque Dieu cueille une autre fleur dans le verger de notre monde, chaque fois qu’un être humain dit oui, Il se souvient de la foi de Marie. Lorsqu’Il fait un bouquet de toutes nos libertés qui acquiescent et qu’Il rassemble les Hommes, Dieu se rappelle la première fleur ouverte au oui de la vie.


Le fiat de Marie est celui de l’Église. Notre foi n’est jamais solitaire, même lorsqu’elle déchire douloureusement notre doute et notre peur. Elle est toujours enveloppée par celle de Marie qui engendre l’Église.


Père Charles Delhez s.J.
Ce Dieu inutile (extrait)
collection Foi Vivante / Lumen Vitae § Fidélité, 1995


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29 mars 2024

Jusqu'à la Croix


Jésus a communié à notre souffrance jusque sur la Croix. Mais sans résignation. Il n’est pas venu nous dire de tout supporter patiemment avec pour seule consolation Sa présence. Nul compromis ni demi-mesure dans l’histoire de Jésus, mais une ardeur de vivre et un élan irrésistible. La foi chrétienne n’est pas dolorisme, mais volonté de prendre la vie à bras-le-corps pour que la joie éclate en une symphonie toujours nouvelle.


Jésus de Nazareth était un révolté. Il ne pouvait admettre la misère de ces pauvres hères qui traînaient leurs infirmités depuis des années. Il ne pouvait tolérer que la mort déchire le tissu de tendresse tissé au fil des jours entre une veuve et son fils unique. Comment se réjouir du soleil qui inonde les champs de blé et les vignes tandis qu’un aveugle jamais n’a vu la lumière? Ses nuits de prière étaient peuplées par tant de boiteux que la musique ne peut faire danser, et tant de sourds que le chant de l’oiseau n’égaye pas.


Jésus de Nazareth était un révolté. Il a arraché les barreaux qui enfermaient la pécheresse dans un cachot de jugements. Il a rejoint le lépreux que la loi et les coutumes avaient mis au ban de la société. Il a levé les yeux vers ce collaborateur de Zachée que ne fréquentaient plus les gens bien. Il s’est tressé un fouet de cordes – eh oui! – pour balayer tous les marchandages dont nous badigeonnons Dieu et purifier nos ambiguïtés.


Jésus de Nazareth était un révolté. Et, comme tant d’autres, Il l’a payé de Sa vie. Il aurait pu se calmer. Il aurait dû être plus raisonnable et écouter la voix de la sagesse… Non: rien n’a éteint le feu qui brûlait en Lui. Il a été jusqu’au bout de Sa révolte, à la face de Dieu: Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné? (Mc 15, 34)


Charles Delhez, 
Ce Dieu inutile (extrait)
coll. Foi Vivante/Lumen Vitae § Fidélité, 1995


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07 février 2024

Jésus de Nazareth était un révolté


Jésus a communié à notre souffrance jusque sur la Croix. Mais sans résignation. Il n’est pas venu nous dire de tout supporter patiemment avec pour seule consolation Sa présence. Nul compromis ni demi-mesure dans l’histoire de Jésus, mais une ardeur de vivre et un élan irrésistible. La foi chrétienne n’est pas dolorisme, mais volonté de prendre la vie à bras-le-corps pour que la joie éclate en une symphonie toujours nouvelle.


Jésus de Nazareth était un révolté. Il ne pouvait admettre la misère de ces pauvres hères qui traînaient leurs infirmités depuis des années. Il ne pouvait tolérer que la mort déchire le tissu de tendresse tissé au fil des jours entre une veuve et son fils unique. Comment se réjouir du soleil qui inonde les champs de blé et les vignes tandis qu’un aveugle jamais n’a vu la lumière? Ses nuits de prière étaient peuplées par tant de boiteux que la musique ne peut faire danser, et tant de sourds que le chant de l’oiseau n’égaye pas.


Jésus de Nazareth était un révolté. Il a arraché les barreaux qui enfermaient la pécheresse dans un cachot de jugements. Il a rejoint le lépreux que la loi et les coutumes avaient mis au ban de la société. Il a levé les yeux vers ce collaborateur de Zachée que ne fréquentaient plus les gens bien. Il s’est tressé un fouet de cordes – eh oui! – pour balayer tous les marchandages dont nous badigeonnons Dieu et purifier nos ambiguïtés.


Jésus de Nazareth était un révolté. Et, comme tant d’autres, Il l’a payé de Sa vie. Il aurait pu se calmer. Il aurait dû être plus raisonnable et écouter la voix de la sagesse… Non: rien n’a éteint le feu qui brûlait en Lui. Il a été jusqu’au bout de Sa révolte, à la face de Dieu: Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné? (Mc 15, 34)


Père Charles Delhez s.J.
Ce Dieu inutile (extrait)
collection Foi Vivante / Lumen Vitae § Fidélité, 1995


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07 décembre 2023

Un cœur désirant


Dieu ne peut venir que dans un cœur désirant. Les premiers siècles chrétiens ont été marqués par l’attente du retour du Seigneur, la Parousie, qui devait inaugurer le monde nouveau. La flamme du désir brûle-t-elle encore en nos cœurs ? Le Seigneur ne viendra vite que si nous L’attendons beaucoup. C’est une accumulation de désirs qui doit faire éclater la Parousie. Il faut, coûte que coûte, raviver la flamme. Il faut à tout prix renouveler en nous-mêmes, le désir et l’espoir du grand Avènement. (Pierre Teilhard de Chardin)


Prier, c’est attendre avec espérance ce grand jour. L’attendre pour soi, et surtout pour les autres. De plus en plus, je suis convaincu qu’il faut prier pour nos Frères : le Seigneur, quand Il viendra, les comblera à la mesure de notre attente. Supplier pour quelqu’un n’est possible que si je l’aime vraiment. Il y a toujours moyen de se contenter d’une litanie d’intentions qui n’exprime aucun sentiment vrai et, de plus, ne nous engage à rien. Mais prier en vérité, c’est être concerné par son appel au point de le faire mien. C’est faire mienne cette souffrance qui crie vers le Tout-Autre et accueillir en moi cette blessure ouverte qui gémit après l’apaisement. C’est attendre avec lui la rencontre définitive du Seigneur de toute joie.


N’oublions pas cependant de laisser à Dieu l’occasion de nous surprendre. Ne L’enfermons pas dans nos catégories pré-établies en L’empêchant d’intervenir comme il Lui plaît, avec la discrétion qui Le caractérise. Avoir la foi, comme le dit Pierre Talec, c’est être capable de voir les délicatesses de Dieu.


Nos prières ne sont pas toujours exaucées de la manière dont nous l’avons souhaité, mais jamais Dieu ne refuse son Esprit Saint. Telle est finalement la vraie demande pour l’aujourd’hui : Seigneur, envoie-nous Ton Esprit pour que nos cœurs de pierre deviennent charnels. La plus grande grâce que nous puissions obtenir pour ceux que nous aimons, c’est le Souffle divin qui embrase les cœurs qui s’y abandonnent.


Père Charles Delhez s.J.
Ce Dieu inutile (extrait)
collection Foi Vivante / Lumen Vitae § Fidélité, 1995


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11 octobre 2023

Savoir espérer



Aide-moi Seigneur, à savoir espérer sans me démoraliser,
À savoir écouter sans me lasser,
à accueillir avec bonté,
à donner avec amour,
à être toujours là lorsque quelqu’un a besoin de moi.


Aide-moi à être cette présence sûre
à laquelle on peut toujours recourir,
à offrir cette amitié qui pacifie, qui enrichit,
à travers toi et en toi,
à transmettre une paix joyeuse,
ta paix dans mon âme Seigneur,
à être en même temps totalement centré sur toi
et disponible et accueillant pour les autres.


Que ta pensée ne m’abandonne jamais,
pour pouvoir rester toujours dans ta vérité
et ne pas manquer à ton Commandement.
Qu’ainsi, sans rien faire d’extraordinaire, sans vaine gloire,
je puisse peut-être aider les autres à sentir ta proximité,
parce que mon âme t’ouvrira ses portes à chaque instant.


André DEVOS
dans Prières glanées par Charles Delhez (extrait) - "Fidélité" Éditions Jésuite


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03 septembre 2023

L'Église



Le monde attend un souffle d’espérance. Il cherche des perspectives d’avenir. L’Église a pour mission d’être le porte-flambeau dressé au milieu des nations pour éclairer leur marche. La lumière dont elle brille n’est pas la sienne propre, mais celle de l’Évangile. L’Église a reçu entre les mains un trésor inestimable, la perle d’un amour. Au cœur de son quotidien jaillit la source de demain. Comme un vase, elle accueille la gratuité divine et la laisse déborder. A elle de trouver les mots et les gestes pour communiquer cette espérance au monde assoiffé.


La première tâche de l’Église n’est pas de faire entrer les païens dans ses murs, mais de sortir pour allumer de-ci de-là des foyers de lumière dans l’obscurité de la longue nuit. Lorsque Mère Teresa s’agenouille pour accompagner un mourant ou pour laver un gosse abandonné, elle ne fait pas monter en flèche la participation à la messe dominicale. Elle ne veut pas non plus mener une campagne de promotion pour la foi chrétienne. Elle est tout simplement au service désintéressé de l’Homme. Elle est un rayon d’espérance dans les lugubres quartiers de Calcutta, un brasier dans un monde sans cœur.


Il suffit d’une petite flamme pour que les ténèbres ne soient plus qu’une ombre. Il suffit d’un saint pour que l’espérance soit vraie.


Père Charles Delhez sj, 
Ce Dieu inutile (extrait)
coll. Foi Vivante/Lumen Vitae § Fidélité, 1995


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13 août 2023

O Seigneur, murmure-moi Ta volonté


O Seigneur,
murmure-moi Ta volonté,
entrons en confidence.
Dis-moi comment Tu regardes les Hommes
et ce que Tu attends d’eux
et ce que Tu espères de moi.


Confie-moi, Seigneur,
le désir de Ton cœur
et partage-moi le rêve de Tes nuits
quand Tu restes éveillé
et que, une lampe à la main,
Tu attends nos retours.


Que respire en moi Ton Souffle
et que nos vies battent à l’unisson
pour que, en ce monde en quête d’humanité,
je devienne le poème de Ton amour
et l’hymne de Ton éternité.


O Seigneur,
murmure-moi Ta volonté,
entrons en confidence
et parle à mon intimité:
redis-moi les paroles de Ton Fils
lorsqu’Il chantait une chanson nouvelle
et annonçait des chemins inconnus.


Donne-moi le goût du risque
quand, pour emboîter le pas à mon frère,
il me faudra tout donner.
Allège mes fardeaux inutiles
pour que je puisse marcher sur Ta route
d’un cœur libre.


Père Charles Delhez sj, 
Ce Dieu inutile (extrait)
coll. Foi Vivante/Lumen Vitae § Fidélité, 1995


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16 juillet 2023

C'est Toi que j'adore


C’est Toi que j’adore
Lorsqu’éclate la merveille de l’Univers
et que la beauté habille les visages et les cœurs,
lorsque la symphonie des créatures
fait sourdre en moi un chant de joie,
ô mon Dieu, je T’adore.

Lorsque le silence enveloppe les battements de mon cœur
et que la terre au creux de la nuit vient se reposer,
quand tout est calme et passivité,
ô mon Dieu, je T’adore.

Quand bondit la vie, inutile et généreuse,
quand jaillissent les hymnes de fête
et que tout proclame l’ivresse d’exister,
ô mon Dieu, je T’adore.

O Toi qui es toujours devant moi,
sans cesse plus loin et au-delà,
Toi pour qui il faut tout quitter,
Toi l’essentiel et l’Unique Nécessaire
vers qui nous marchons les mains ouvertes et tendues,
Toi l’inaccessible lumière à l’horizon de nos ténèbres,
qui illumines notre chemin quotidien,
Toi, Dieu de tout Amour,
je T’adore.

Toi, l’inconnu au cœur de toute gratuité,
Toi, la source de toute beauté
et le jaillissement de toute abondance,
Toi, le trésor caché dans notre champ
et la perle que recueille le pèlerin,
Toi, Dieu de toute Éternité,
je T’adore.

Accueille les premières gerbes de ma récolte
et les espaces vides de mes nuits.
Recueille l’exubérance de mon allégresse
et les larmes de mes jours de tristesse,
enlace-moi dans Tes bras de tendresse,
ô mon Dieu,
car c’est Toi que j’adore.


Père Charles Delhez sj, 
Ce Dieu inutile (extrait)
coll. Foi Vivante/Lumen Vitae § Fidélité, 1995


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19 mai 2023

Un cœur désirant


Dieu ne peut venir que dans un coeur désirant. Les premiers siècles chrétiens ont été marqués par l’attente du retour du Seigneur, la Parousie, qui devait inaugurer le monde nouveau. La flamme du désir brûle-t-elle encore en nos coeurs ? Le Seigneur ne viendra vite que si nous L’attendons beaucoup. C’est une accumulation de désirs qui doit faire éclater la Parousie. Il faut, coûte que coûte, raviver la flamme. Il faut à tout prix renouveler en nous-mêmes, le désir et l’espoir du grand Avénement. (Pierre Teilhard de Chardin)


Prier, c’est attendre avec espérance ce grand jour. L’attendre pour soi, et surtout pour les autres. De plus en plus, je suis convaincu qu’il faut prier pour nos Frères : le Seigneur, quand Il viendra, les comblera à la mesure de notre attente. Supplier pour quelqu’un n’est possible que si je l’aime vraiment. Il y a toujours moyen de se contenter d’une litanie d’intentions qui n’exprime aucun sentiment vrai et, de plus, ne nous engage à rien. Mais prier en vérité, c’est être concerné par son appel au point de le faire mien. C’est faire mienne cette souffrance qui crie vers le Tout-Autre et accueillir en moi cette blessure ouverte qui gémit après l’apaisement. C’est attendre avec lui la rencontre définitive du Seigneur de toute joie.


N’oublions pas cependant de laisser à Dieu l’occasion de nous surprendre. Ne L’enfermons pas dans nos catégories pré-établies en L’empêchant d’intervenir comme il Lui plaît, avec la discrétion qui Le caractérise. Avoir la foi, comme le dit Pierre Talec, c’est être capable de voir les délicatesses de Dieu.


Nos prières ne sont pas toujours exaucées de la manière dont nous l’avons souhaité, mais jamais Dieu ne refuse son Esprit Saint. Telle est finalement la vraie demande pour l’aujourd’hui : Seigneur, envoie-nous Ton Esprit pour que nos coeurs de pierre deviennent charnels. La plus grande grâce que nous puissions obtenir pour ceux que nous aimons, c’est le Souffle divin qui embrase les coeurs qui s’y abandonnent.


Père Charles Delhez, sj
Ce Dieu inutile (extrait) - collection Foi Vivante/Lumen Vitae & Fidélité, 1995



■ NEUVAINE MARIE AUXILIATRICE 2023 - CINQUIÈME JOUR ►


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18 mars 2023

Ce Dieu inutile


On a souvent réduit Dieu à être utile. Mais l’utilitarisme se marie si mal avec un Dieu Amour. Il faut à tout prix déplacer la question de Dieu. Tant qu’elle se situera sur le terrain de l’utile, elle nous mènera à l’impasse. La poser au cœur de la gratuité et de la surabondance, en lien avec l’amour, l’art et la fête, nous conduira tout droit au Mystère ineffable.


Dieu a longtemps servi à boucher les trous de la science. Au lieu de se laisser toucher par ce grand poème que sont les récits de la création, on y a cherché des renseignements sur la fabrication du cosmos et on a fait du Créateur le premier des bricoleurs. Cette conception a conduit au divorce entre la foi et la science. Nombreux sont encore aujourd’hui ceux qui n’ont pas compris que science et foi se meuvent dans leur sphère propre et qu’elles ne sont pas en concurrence. La science cherche le comment des choses pour avoir prise sur elles et maîtriser le monde par la technique. La foi accueille un sens, un pour-quoi, et donne souffle à l’existence. Qui mettrait en concurrence la science et l’amour ? Pourquoi invente-t-on des rivalités entre la science et Dieu ?


Dieu a également été enrôlé comme gendarme. Il était chargé de surveiller le stade où se déroule la vie des Hommes. A la fin de la compétition, Il donne les résultats: récompense pour les bons, punition pour les mauvais. Jésus Lui-même s’est senti mal à l’aise dans ce cadre. Il ne s’est pas privé de montrer aux Pharisiens à quel point leur attitude différait de celle du Dieu-Père. On lui a alors reproché de faire bon ménage avec les pécheurs et de pardonner un peu vite les péchés…


Nous souhaiterions que Dieu soit l’exécuteur de notre impossible justice et qu’Il exauce notre désir d’être estimé à notre exacte valeur. Mais le Royaume n’est pas affaire de balance ni de décorations. Il est fête pour l’enfant prodigue.


Charles Delhez, 
Ce Dieu inutile (extrait)
coll. Foi Vivante/Lumen Vitae § Fidélité, 1995


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02 novembre 2022

En allant au cimetière

À la Toussaint, les cimetières sont grouillants de vie : beaucoup de gens viennent se recueillir sur la tombe de leurs défunts. Les chrysanthèmes déploient toutes leurs couleurs, tandis que les feuilles mortes, elles aussi toutes colorées, tombent des arbres au gré du vent.


La gratitude n’est-elle pas le premier sentiment qui doit nous habiter quand nous parcourons ces allées ? Nos « chers disparus » ont en effet tant apporté à nos familles, à l’Eglise, à l’humanité. Comme dans toute vie, il y a eu des moments de faiblesse, des pas de travers, des chemins sans issue. Et nous pouvons, une fois encore, confier ces manquements à la miséricorde de Dieu. Mais à côté de tout cela, chacun a apporté sa petite pierre à la construction de la grande cathédrale de l’histoire humaine.


Le nez sur l’événement, tel un tisserand, nous ne voyons que les nombreux nœuds qui rendent possible une tapisserie. Avec le regard de la foi, celui-même de Dieu, nous contemplons l’autre côté, le beau côté où apparaît le dessin qu’ont rendu possible tous ces humbles gestes du tissage et tous ces nœuds indéfiniment repris !


Rien n’est perdu de ce qu’on a tissé avec amour. Nous découvrirons un jour que nous n’avons pas aimé en vain. Ceux que nous avons voulu faire vivre par nos gestes d’amour sont vivants et nous font vivre.


Père Charles Delhez, SJ.


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26 juillet 2021

Il suffit de si peu de choses...


Il suffit de si peu de choses,
des mains, des fleurs et leur parfum,
et l’envie me prend de te dire merci, Seigneur.

Il suffit de si peu de choses,
une lettre le matin, une visite le soir,
et l’envie me prend de te dire merci, Seigneur.

Il suffit de si peu de choses,
un paysage que la neige habille, 
le soleil qui réapparaît,
et l’envie me prend de te dire merci, Seigneur.

Il suffit de si peu de choses,
une main chaleureuse, un regard de tendresse,
et l’envie me prend de te dire merci, Seigneur.

Il suffit de si peu de choses…

Charles Delhez, 
extrait de « Prières de la famille »

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31 août 2019

Le lieu où Dieu habite.


Un jour, de savants personnages s'interrogeaient sur le lieu où Dieu habite. L'un d'entre eux dit : dans la nature, bien sûr. Le vieux sage du groupe sourit, hochant la tête d'un signe négatif. Le juif qui était là répondit alors : dans le Temple, sans aucun doute. Ce que s'empressa de corriger le musulman : dans les mosquées, évidemment. Le chrétien se sentit obligé de dire : je crois que c'est dans les églises. Mais le vieux sage n'était toujours pas d'accord. Finalement il dit : Dieu est partout où tu le laisses entrer. 

Mais un sage peut toujours rencontrer plus sage que lui. Ainsi, notre ami croisa un jeune homme qui allait se promener dans les bois. Que vas-tu y  

faire ? demanda-t-il. « Rencontrer Dieu », répondit le jeune. « Mais Dieu est partout », fit évidemment remarquer le vieux sage. Et le jeune de répondre : « Oui, Dieu est partout, mais moi, je ne suis pas partout le même. C'est dans la forêt que je lui ouvre le plus facilement ma porte. » 

Extrait de « Sous le ciel étoilé »
Contes et Paraboles
Recueillis par le Père Charles Delhez s.j.



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