Pourrais-tu t’arrêter soudain,
cueilli par un morceau de paysage
ou par l’expression d’un visage ?
Pourrais-tu laisser le temps couler,
se perdre sous ton regard ?
Et pourrais-tu contempler longtemps,
assez longtemps pour apaiser
les frondeurs de ton être ?
Accepterais-tu de demeurer
les mains vides, encore et encore,
le cœur ouvert ?
Garderais-tu ton sourire d’enfant
si le brouillard ou le froid, ou la tempête,
un jour t’envahissaient ?
Chanterais-tu sur la route
une parole, ou un mot,
toujours sans te lasser?
Oserais-tu enfin donner,
donner sans mesure,
sûr de ne jamais atteindre
le fond de ta coupe ?
Alors…
que ta patience enfante la Paix
et que ta paix fleurisse en Joie…
Isabelle de Menten
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