Apprends-nous à déposer notre « oui » dans le tien, nous, membres de ton Église :
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Don Bosco nous dit :


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lundi 30 juillet 2018

Le droit d’exister



Sensation de paix.

L’horloge du temps est arrêtée.
Ces secondes, ces minutes me fouaillaient pour me précipiter vers mes travaux, mes recherches,
sont ce matin sans pouvoir sur moi.
Je goûte l’instant.
Je sens qu’il a plus à m’apprendre que l’accumulation de tous les suivants.

Pourquoi me suis-je si rarement accordé le temps de vivre, le droit de vivre ?
Il me fallait justifier sans cesse mon existence par ma production,
par mon rendement, à mes yeux comme à ceux des autres.
Mon existence, en soi, n’avait pas de valeur.
Je ne croyais pas exister pour les autres,j’ai fini par ne plus exister pour moi.
Ce matin, j’ai le droit d’exister tout seul, pour moi tout seul.

Je prends le droit d’exister.
Et les êtres et les choses autour de moi commencent à exister d’une existence plus dense.
Eux aussi commencent à avoir le droit d’exister.
Nous sommes un univers d’existences solides, réelles, également importantes et respectables.
Comme si le sablier de l’existence se remplissait de minute en minute de la quantité de réalité qui le rend stable.
Ce n’est plus cette sensation de vide qu’il faut remplir d’actes, de mots, d’œuvres.

Je goûte d’être immobile.
J’existe davantage de ne rien faire, je repose sur ma racine.
Quelle est cette racine ?
Je sens l’existence sourdre en moi sans arrêt,
et ce mouvement, quand je l’observe, suffit à m’occuper.
Je lui fais confiance.
Je n’ai plus à intervenir, à me justifier d’exister, il me justifie.

Exister justifie d’exister.
C’est bon d’exister.
Ça ne doit « servir » à rien d’exister.
On n’ est pas obligé de servir à quelque chose.
On n’ est pas obligé de servir à rien.
On a le droit d’exister d’abord.
Il me semble que je cherchais sans cesse à justifier mon existence
avant d’avoir pris conscience et goût d’exister.
Jusqu’ici, il m’était incroyable que l’on puisse passer du temps
sans rien faire et ne pas le sentir perdu !

Le temps n’est pas rempli de ce qu’on y met.
Mon temps se remplit par l’attention que je lui porte…
Par le goût que j’en prends parce que je le considère
Parce que je me considère.
Parce que je me suis restitué LE DROIT D’EXISTER.

Louis EVELY,
Extrait de son journal 1983

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1 commentaire:

  1. Myriam de Terwangne30 juillet 2018 à 07:26

    Ah ! merci , c' est très beau ! En écho un autre extrait de Louis EVELY dans son livre " Chaque jour est une aube " , et un poème de Petra van Groeneveld qui invite à l' émerveillement de ce qui nous entoure .

    Excellente journée !

    LOUIS EVELY

    "Avons-nous le goût de vivre ? Il nous semble souvent qu’il nous faut justifier notre existence par notre travail. Surtout ne pas rester sans rien faire !

    Qui se sent le droit et le goût d’exister simplement, sans travail, en savourant de vivre, en s’émerveillant de vivre et de tout ce qui vit autour de nous et que nous ne remarquons plus ? Que d’êtres absents d’eux-mêmes, tout extériorisés, tout gaspillés à leurs tâches, vivant par procuration la vie des autres pour s’excuser de ne pas vivre la leur !

    Nous considérons notre vie comme un sac dans lequel nous entassons occupations, distractions, déplacements, obligations pour le remplir. Mais le temps n’est pas rempli par ce qu’on y met. Il se remplit par la conscience que nous prenons de notre vie, par notre attention à la vie, par notre goût et notre respect de la vie.

    Si tant de nos contemporains affirment que la vie, leur vie, n’a pas de sens, est absurde, c’est qu’il est impossible de trouver ce sens avant d’avoir goûté la vie, aimé la vie, vécu sa vie. La vie n’a pas de sens hors d’elle si elle n’a pas d’abord un sens, un goût en elle-même.

    Inventer son existence, vivifier ses relations, renouveler son amour, garder son âme vivante, c’est créer une œuvre d’art tous les jours.

    La vie est dure, pressante, rapide. Il est si facile de se laisser entraîner par elle en nous protégeant de ses coups par l’inconscience et la médiocrité. Il nous faut nous retirer, prendre un recul vis-à-vis d’elle pour être capable de la créer et de la goûter de nouveau. Proust dit que Noé ne contempla jamais si bien le monde que lorsqu’il ne l’aperçut plus que par la lucarne de l’arche. Alors, un sommet de montagne, un vol de colombe, un rameau vert, il les voyait comme pour la première fois.

    - Louis Evely , " chaque jour est une aube"-

    PETRA VAN GROENEVELD



    GENIET VAN UW SCHEPPING ,

    Kijk naar de tuin en geniet
    van de bloemen, planten,
    bomen, de ooievaars
    op het nest, klaar om eruit
    te vliegen en hun wijde
    wereld te gaan vergroten.

    De zon die met heerlijke
    warme gloed en stralen
    alles doet schitteren en
    Uw schepping zo machtig
    wonderschoon blijft verhalen
    dank voor Uw zonnestralen.

    Petra van Groeneveld , 19 juli 2018 -


    j' y ajoute mon commentaire :

    Waouh ! , sommes- nous aussi comme ces cigognes

    prêtes à nous envoler du nid et aller « agrandir ; » leur vaste monde ! : ?

    " agrandir " le monde , le rendre plus vivable et plus beau ! '

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