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jeudi 6 décembre 2018

Changement de société ?

Pape François  
- Extraits du discours aux ambassadeurs du 16 mai 2013 -



Notre humanité vit en ce moment un tournant de son histoire, par les progrès enregistrés en divers domaines. Il faut faire l’éloge des acquis positifs qui contribuent au bien-être authentique de l’humanité.

Toutefois, la plupart des hommes et des femmes de notre temps continuent de vivre dans une précarité quotidienne aux conséquences funestes : la peur et la désespérance saisissent les cœurs de nombreuses personnes même dans les pays dits riches ;  la joie de vivre s’amenuise ; l’indécence et la violence prennent de l’ampleur ; et la pauvreté devient plus criante.  Il faut lutter pour vivre, et pour vivre souvent indignement.

L’une des causes de la crise financière se trouve dans le rapport que nous entretenons avec l’argent,
et dans notre acceptation de son empire sur nos êtres et nos sociétés.
L’origine première de cette situation vient d’une profonde crise anthropologique : la négation de la primauté de l’homme !  On s’est créé des idoles nouvelles au visage nouveau et impitoyable :
le fétichisme de l’argent, et la dictature de l’économie sans visage ni but vraiment humain.

La crise mondiale réduit l’homme à une seule de ses nécessités : la consommation.
Et pire encore, l’être humain est considéré aujourd'hui comme étant lui-même un bien de consommation qu’on peut utiliser, puis jeter.

Cette dérive se situe au niveau de l’individu et de la société. Et elle est promue !  La solidarité qui est le trésor du pauvre, est souvent considérée comme contre-productive, comme contraire à la rationalité financière et économique.

Avec l’autonomie absolue des marchés et de la spéculation financière, niant ainsi le droit de contrôle aux États chargés pourtant de pourvoir au bien-commun, le revenu d’une minorité s’accroît de manière exponentielle, et celui de la majorité s’affaiblit.

Ses lois et ses règles installe alors une nouvelle tyrannie invisible et virtuelle, qui s’impose unilatéralement, et sans recours possible. En outre, l’endettement et le crédit éloignent les pays de leur économie réelle, et les citoyens de leur pouvoir d’achat réel.

A cela s’ajoute, si besoin en est, une corruption tentaculaire et une évasion fiscale égoïste qui ont pris des dimensions mondiales.

La volonté de puissance et de possession est devenue sans limite.

Derrière cette attitude se cache le refus de l’éthique, le refus de Dieu.
Tout comme la solidarité, l’éthique dérange !
Elle est considérée comme contre-productive ; comme trop humaine,  car elle relativise l’argent et le pouvoir ; on la voit comme une menace, car elle refuse la manipulation et l’assujettissement de la personne. …

L’éthique - une éthique non idéologique naturellement – permet de créer un équilibre et un ordre social plus humains.

En ce sens, j’encourage les maîtres financiers et les gouvernants de vos pays, à considérer les paroles de saint Jean Chrysostome : "Ne pas faire participer les pauvres à ses propres biens, c’est les voler et leur enlever la vie.   Ce ne sont pas nos biens que nous détenons, mais les leurs".

L’argent doit servir et non pas gouverner !

Le Pape aime tout le monde : les riches comme les pauvres. Mais il a le devoir de rappeler au riche qu’il doit aider le pauvre, le respecter, le promouvoir. Il appelle à la solidarité désintéressée et à un retour de l’éthique pour l’humain  dans la réalité financière et économique.

Le bien commun ne devrait pas être un simple ajout, un simple schéma conceptuel de qualité inférieure inséré dans les programmes politiques, mais créer une nouvelle mentalité politique et économique qui contribuera à transformer l’absolue dichotomie entre les sphères économique et sociale en une saine cohabitation. …

Pape François  - Extraits du discours aux ambassadeurs du 16 mai 2013 -

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1 commentaire:

  1. Myriam de Terwangne6 décembre 2018 à 06:28

    Ah , j' aime beaucoup la pertinence , le bon sens et le réalisme du regard du Pape François sur la société d' aujourd' hui . Il parle aux ambassadeurs , mais aujourd' hui à nous lecteurs qui pouvons être comme des ambassadeurs , des porteurs , des garants de la Bonne Nouvelle de Jésus- Christ et des idées sociétales émises en 2013 par le Pape François .
    Aujoud' hui , Saint François de Sales et le Pape François ont leur réponse à donner à propos de la société , via un livre de Monseigneur Claude Dagens , Evêque émérite d' Angoulême et membre de l' Académie Française via son livre mentionné ci- dessous .
    Robert Sabatier nous livre aussi un message à travers sa plume d' écrivain .
    De jolies photos terminent cette page .

    Bonne fête Saint Nicolas , à tous les enfants , et à tous ceux qui " donnent avec joie leur temps " aux enfants ou à ce brin d' enfance que les grands gardent en eux !
    Une pensée aujourd' hui à tous les enfants qui sont malades ou à l' hôpital;

    Très belle journée !

    POUR QUE LA PAROLE DE DIEU VIVE EN NOUS
    Mgr Dagens , Evêque émérite d' Angoulême
    Très bel article de 2009  !
    https://www.bible-service.net/extranet/current/pages/861.html

    MGR CLAUDE DAGENS «  Amour de Dieu et réforme de l' Eglise
    selon Saint François de Sales et le Pape François

    https://www.babelio.com/livres/Dagens-Amour-de-Dieu-et-reforme-de-lEglise/595952

    ROBERT SABATIER,

    «  Avant l' invention de l' écriture , la mémoire était la seule écriture.
    Ecrire , c' est graver sur les tablettes du temps . »
    Robert Sabatier , Art et créations poétiques , Editions Albin Michel


    ROBERT SABATIER

    JE ME PARTAGE

    Je me partage avec l’autre, j’émigre
    en son pays, je reçois son offrande,
    il est le corps qui réchauffe mon nid.

    Si le Temps pleure, il devient sa musique.
    Sa nudité, c’est mon habit de fête.
    Il chante en moi par notre voix commune.

    Quand, pèlerins de l’aube incandescente,
    nous construisons notre double durée,
    la nuit, le jour sont miracles pour nous.

    Nous conjuguons nos corps comme des verbes.
    Les feux du ciel ne brûlent plus les mots :
    nous sommes nés de la même écriture.
    Robert Sabatier -

    ROBERT SABATIER
    «  Ecrire , c' est lire en soi
    pour écrire en l' autre « 
    Robert Sabatier -

    JOLIES PHOTOS

    https://www.flickr.com/photos/152515176@N07/30072066607/in/pool-1210817@N25/

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